Chroniques Trans n°1

Il est près de midi lorsque je quitte enfin la chaleur douce et rassurante de mes couvertures. J’ai vraiment pas super bien dormi. C’est toujours comme ça après une injection de Testo. La montée, la faim décuplée, le trop d’énergie, et le sommeil qui vient pas. Les Seresta que j’ai pu bouffer dans la nuit, rendent le réveil d’autant plus complexe. Ces petits comprimés blancs aux propriétés magiques, qui permettent d’effacer, le temps de quelques heures, l’impacte de la transphobie, les boucles mentales, et l’appréhension du futur. Deux grandes tasses de café pour contrer l’effet hypnotique des pilules enchanteresses. La pensée que je suis un humain 2.0 me traverse l’esprit et m’amuse ; un humain augmenté par tout un tas de molécules. Mon apparence de jeune garçon un peu tapette, je la dois à mes piqures bi-mensuels d’Enanthate de testostérone, ma fonctionnalité au quotidien, c’est le combo Nicotine+Caféine qui la génère, mon anxiété quant à elle, est domptée par l’Oxazepam ou l’Alp...